témoignages


Aujourd'hui, où l'on parle davantage de la Guerre d'Espagne
et de ses conséquences avec un Exil intérieur et extérieur,
il reste encore une aspiration à dire "son" histoire de cette époque.
Dans cette rubrique, nous voulons donner la parole à ces oubliés
et recenser aussi les nombreux écrits à caractère familial souvent.
N'hésitez pas à nous envoyer vos témoignages écrits ou oraux ou à
nous indiquer votre désir d'être entendu.
N'oublions pas que sans les témoins de la Shoah par exemple,
qu'aurait-on su des camps?


Le 7juin 2008 à PRAYOLS( Ariège) la cérémonie rendant hommage aux guerilleros espagnols s'est déroulée en présence, du consul d'espagne , de la directrice de Memoria Democratica de la Généralitat de Catalunya qui a déposé une plaque au monument des guerilleros, de nombreuses personnalités,de la haute garonne ,de l'ariège,....d'une nombreuse assistance de républicains espagnols, de
fils et amis...Dépots de gerbes et discours ont suivi, accompagnés d'une émotion commune .
L'apéritif et le repas ont permis des retrouvailles,des échanges sur, entre autre, un courant fort celui d'un rassemblement de tout ces gens qui font partie  en somme d'une même famille.
Annie Gonzalez Galy


La mémoire de de la Bolsa de Bielsa 70 ans plus tard.

Bielsa accueillait du 6 au 8 juin 2008 les "Jornadas Bolsa de Bielsa, Resistenca, éxodo y destruccion" dans le cadre des 70 ans de la Bolsa de Bielsa avec la résistance de la 43e Division républicaine d'avril à mai 1938 face aux troupes franquistes et à l'aviation italienne qui a bombardé et détruit les villages de Parzan et Bielsa. L'essentiel de la population civile était déjà passée sur le versant français, puis à la fin de la Bolsa de Bielsa, ce fut le tour des soldats républicains commandés par Antonio Beltran, El Esquinazau, d'être accueillis en vallée d'Aure, à Aragnouet et Arreau (65). La plupart décidèrent de poursuivre le combat en Catalogne, notamment lors de la terrible bataille de l'Èbre.

Ces journées ont démarré avec une conférence sur la figure  de Fernando Martinez de Baños (Université de Saragosse) suivie du parcours del Esquinazau, commandant la 43e Division d'El Esquinazau par l'historien Antonio Gascón
puis par la présentation d'un documentaire réalisé par TV Aragon "La Bolsa de Bielsa. El puerto de hielo". Cette reconstitution des événements de 1938 dans cette vallée a fait appel aux habitants de Bielsa, les jeunes rejouant en costumes de soldats républicains le rôle de leurs aînés et les derniers survivants de cette époque (pour la plupart, ils étaient enfants alors) ont donné leur témoignage. La salle municipale était trop petite pour contenir les plus de 600 personnes présentes ainsi que l'émotion qui a submergé l'assistance pendant et après la projection.
Le lendemain, une exposition "De Huesca a Francia. Guerra, éxodo y destruccion" a été inaugurée puis d'éminents historiens et chercheurs, spécialistes de cette période, se sont succédés : Alicia Alted Vigil, Mirta Nuñez Diaz-Balart (université de Madrid) ainsi que Julian Casanova Ruiz (Université de Saragosse). Ce dernier a particulièrement frappé l'assistance en insistant sur la nécessité de la mémoire retrouvée. Sous les applaudissements, ne déclarait-il pas avec éloquence : "Dans ce pays, on imagine des musées sur les dinosaures et on n'en créerait aucun racontant l'histoire de ces gens qui ont vécu dans leur chair des événements comme la Bolsa de Bielsa il y a 70 ans  ?"
Le dimanche, une randonnée était organisée en directeur du Puerto Viejo, à partir de l'actuel tunnel routier d'Aragnouet-Bielsa, là où la population civile puis les soldats de la 43e Division ont pris le chemin de l'exil à travers ce col de montagne. En dépit de la neige abondante tombée ces dernières semaines, plus de 90 personnes ont réalisé l'ascension en hommage aux acteurs de ce drame.
 

Santiago Mendieta


La Bataille des Pyrénées. Les réseaux d’évasion et de renseignements pendant la deuxième guerre mondiale

« La Bataille des Pyrénées » est le nom que quelques agents secrets Britanniques du MI-9 (service d’évasion et résistance en Europe) donnèrent aux nombreuses évasions  partant du continent et allant vers le Royaume Uni, en franchissant les Pyrénées. À la fin de la Guerre, en Grande Bretagne et en Belgique, les réseaux et leurs membres ont été largement reconnus, et ces agents ont bientôt écrit leurs mémoires.
Au Pallars Sobirà (Catalogne) et aux Pyrénées catalanes l’important travail fait par les réseaux d’évasion resta dans l’ombre, presque aussi bien que quand ils étaient clandestins. Avec cette exposition l’Ecomuseu de les valls d’Àneu veut montrer que ces évènements ont étés importants aussi dans le versant sud des Pyrénées. Pendant les années où la dictature de Franco assassinait le plus, de nombreuses personnes pyrénéennes ont tenu leur engagement avec les alliés et la démocratie en faisant le courrier et en passant de groupes d’évadés. La fin de la Guerre Mondiale n’a pas apporté la démocratie en Espagne et, encore aujourd’hui, il y a quelque passeur catalan qui se demande s’il n’ira pas en prison pour raconter son activité de 60 ans en arrière.
L’exposition redonne une voix et des images aux réseaux et aux personnes, parfois méconnus jusqu’à aujourd’hui. Les protagonistes sont : Joan, Jaume et Ricardo Soldevila (Escart, Catalogne) ; Generosa Cortina (Son, Catalogne); Roger Rieu (Couflens) ; Manel Vidal (Isil, Catalogne) ; Laurentí Parramon (Josa de Cadí, Catalogne) ; Joaquim Baldrich (Escaldes, Andorre) et Joan Català (Llavorsí, Catalogne). Tous ont travaillé pour les réseaux d’évasion et renseignement belges, nord-américains et britanniques.
Les personnes qui font la lumière sur ces histoires oubliées ont poursuivit des investigations dans les Pyrénnés pendant des années, à cause de motivations personnelles ou professionnelles. Toutes elles ce sont heurtées avec les évènements de la frontière pyrénéenne pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Ces personnes sont : Annie Rieu, Josep Calvet, Clara Arbués, Claude Benet et Noemí Riudor. Elles on mit en relief le profil des protagonistes avant la Guerre Mondiale, leur participation dans les réseaux et, finalement, leur vie après la confrontation.
L’information rassemblée pendant ces mois de travail va beaucoup plus loin que le résumé que l’on peut voir dans cette exposition. La complexité et la qualité de cette information, ainsi que l’apparition  d’autres protagonistes oubliés, mène toute l’équipe de recherche à penser à de nouveaux défis de futur.

Textes:
“La famille Soldevila d’Escart et le réseau belge de Jean”, par Noemí Riudor
“Roger Rieu et Manel Vidal, agents de liaison du réseau Wi-wi”, par Annie Rieu-Mias
“Le groupe Ponzán et Joan Català de Llavorsí”, par Josep Calvet
“Joaquim Baldrich au résaux d’évasion Britanniques”, par Claude Benet
“Tino Parramon de Josa del Cadí, d’agent de frontière à agent de passage”, par Clara Arbués

Traduction: Cristina Simó

Cartographie: Xavier Eritja

Dessin de l’exposition: Ramon Berga

Images: famille Soldevila, famille Vidal, famille Rieu-Mias, famille Parramon, Joan Català, Joaquim Baldrich, Centre d’Estudis Josep Ester Borràs de Berga, Arxiu Nacional d’Andorre, Musée de la Résistance et la Déportation de Toulouse, Noemí Riudor, Annie Rieu-Mias.

Remerciements: Joan Soldevila, Joaquim Baldrich, Joan Català, Julien Soldevila, famille Soldevila, famille Vidal, famille Rieu-Mias, famille Parramon, Annie Rieu-Mias, Guillaume Agulló (Musée de la Résistance et la Déportation de Toulouse), Emmanuel Debruyne (Centre d’Études et de Documentation Guerre et Sociétés de Brussel·les), Xavier Muntanyà, Jordi Abella, Ester Sánchez, Víctor Rey, Scott Goodall, Marta Giráldez, Jean Feutray, Cristina Simó, Ramon Berga, Xavier Eritja, Lídia Cardona, Rosa Florensa, Anna Tarrado, Phelin Leahy.




Progreso Marin vient de présenter en Catalogne son livre "La Dolors, una vida per la llibertat" edit.Pagés, traduction en catalan de son ouvrage "Dolores, une vie pour la liberté" edit.Loubatières. L'auteur a déclaré au journal el Ripolles qui en a fait son titre "Es com si la mare hagués tornat a Casa". Les deux présentations à Barcelone (librairie ONA) et Ripoll (librairie La Tralla) ont été suivies par une assistance nourrie, toutes générations confondues. A Barcelone, c'est Montse Armengou, journaliste d'investigation bien connue de TV3, qui a présenté l'auteur et à Ripoll, Sofia Castillo, auteur de "La Guerra civil à Ripoll ". Beaucoup d'émotion dans ces deux rencontres.





Témoignage de Renacer Soler lors des journées organisées par l'association FFREEE
du 21 AU 23 février 2008.


Il en est qui croient que tu étais ma tante. Tu étais ma seconde mère.
Pour une fois matinal je frappai à la porte de la vie à quatre heures du matin. Ma mère, ta sœur, dans les douleurs de l'enfantement te demandait d'aller cherche la sage-femme dans ton demi-sommeil tu la priais d'attendre que le jour se lève. Tu finis par y al1er. Le jour se leva et je me levai à la vie. Tu me pris dans tes bras, si menus et si forts. C'est toi qui eus le privilège de choisir mon prénom. Ce fut Renacer. Quelle drôle d'idée ! Ça me permit quand même d'échapper aux suggestions de mon père, qui dans un courrier venu du front où il combattait la bête fasciste, très botanique pour une fois, suggérait Romarin, Fenouil et autres herbes pour un garçon, Farigoule, Camomi1le et autres plantes pour une fille. Tu ne pouvais pas savoir que plus tard, dans notre exil, ce ne serait plus simple Renacer mais Renacer aire-euh-haine-ah-c'est-euh-aire. Toujours épeler et répondre demandes de traduction: qu'est-ce que ça veut dire? Renaître? Mais non! On ne peut s'appeler d'un verbe. il faut substantiver à la rigueur "Renouveau", le printemps, les fleurs, les petits oiseaux. Et la porte s'ouvrait sur toutes les facéties: Comment? Soler rien à faire? ou bien Renacer de courir. Ou la moquerie d'un professeur de français sur mes  "r" rocailleux : Solerrrr RRRenacerrr qui fait tremblerrr le plancherrr. Un jour je posai la question à Manuela : "Pourquoi m'as-tu appelé Renacer ?" - et naïvement elle répondit à ma question par une autre question; "Pourquoi? ça ne te plais pas ? " Je ne me suis jamais posé cette question.

Mais dans l'aube de cette chaude journée de 1937, dans cette collectivité libertaire de l 'Aragon où tu participais à cette extraordinaire expérience sociale où il s'agissait montrer qu'il existe une autre manière possible de vivre, de travailler de partage d'aimer, tu ne savais pas que bientôt ce rêve évei11é, cette utopie réalisée al1ait tourner au cauchemar.
Tu ne savais pas qu'au nom de la dictature du prolétariat la fauciIle et le marteau des colonnes de Lister allaient liquider les collectivités et tout ce qui pouvait ressembler à l'autogestion.'Tu ne savais pas que les dictatures avec un grand "D" allaient fracasser cette révolution dans la profonde indifférence des démocraties avec un petit "d".
Ce fut l'exil, la retirada, l'entrée en France. Dans une france toute rétrécie. Ce n'était pas la France des droits de l'homme et de la Cannagnole, de la Commune et des barricades; ce n'était pas la France des Proudhon, des Louise Michel des Jaures des Zola et des Elysée rec1us. Ce n'était que la France de Léon Blum et des socialistes de la non intervention et des camps de concentration pour républicains. Oh pardon, des camps de regroupement.
En suite un Maréchal nous voilà en prime.
Il fallu lutter, serrer les dents. Lutter pour survivre d 'abord, pour subsister ensuite dans pays envahi par cette croix gammée qui nous avait déjà vaincu en Espagne.
Lutter ensemble dans une solidarité inébranlable de famille et d'idéal? Toujours unis, serrés uns contre les autres, à repousser la faim, les privations, les humiliations et 1es séparations.
Ton sourire et ta bonne humeur indestructibles éclairaient nos chemins d'éxil, du fond de ces villages du Lot à Perpignan. Il fallait bien que la paix revienne et avec elle ce fut la fin de l'espoir d'un retour au foyer natal. Les vainqueurs avaient oublié de balayer ce petit coin de dictature, là-bas au fond de l'Europe.
Le provisoire devint permanent et définitif. Il faIlut poser son baluchon, s'intégrer et vivre avoir des enfants et les mêler aux autre enfants. enfin ce havre de paix, "le trazo" où Manuel, ton rugueux et tendre compagnon de toujours, des bons et des mauvais jours a construit votre maison.
Là t'attendait ton dernier combat dont tu sortis victorieuse. Tu voulais pouvoir lire la dernière page de ton odyssée dans cette maison dont des intérêts malsains voulaient te spolier.
Il en est qui croient que tu étais ma tante. Il en est même qui croient que tu es morte.


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