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Les collectivités en
Espagne 1936-1939
La guerre civile éclate dans une Espagne où foisonnent les archaïsmes économiques et ceci malgré l’élan donné à l’industrie par la première guerre mondiale. Elle est aussi l’aboutissement d’incessants conflits sociaux le plus souvent réprimés avec férocité qui secouent depuis des décennies le monde paysan et ouvrier. A
l’origine des collectivités
Les prises de position des syndicats notamment de la Confédération Générale du Travail (CNT) très implantée dans le milieu ouvrier contribuent à politiser les luttes sociales. Créée en 1910 celle-ci prône à travers ses congrès et ses nombreux textes théoriques l’anarcho-syndicalisme. Cette idéologie proche du syndicalisme révolutionnaire vise à la mise en place d’une société communiste libertaire dans laquelle la production serait autogérée par le syndicat et la commune, l’Etat étant amené à disparaître. La CNT est liée à une structure beaucoup plus politique, la Fédération Anarchiste Ibérique (FAI) créée en1927. En mai 1936, au Congrès de Saragosse, la CNT-FAI adopte un projet précis de transformation sociale. Il s’agit de créer une fédération d’associations agraires et industrielles libres et autonomes édifiées sur la base des syndicats et des communes libres. Dans les actions quotidiennes les cénétistes sont rejoints par la frange gauche de l’autre syndicat majoritaire, l’Union Générale des Travailleurs (UGT). C’est riches de ces expériences sur le terrain et de ces analyses qu’au moment du coup d’Etat militaire, les travailleurs de la CNT et de l’UGT se lancent spontanément dans le mouvement de saisie des terres et des usines. Ils installent ainsi la révolution dans la guerre civile. La mise en place
des collectivités
Dès le 19 juillet 1936, après la disparition des éléments fascistes, les collectivités apparaissent parfois suscitées par l’action des milices. Les formes de saisies sont différentes selon les lieux et ne s’effectuent pas toutes à la même époque. Dans l’industrie on peut distinguer schématiquement deux types de saisies qui concernent la quasi-totalité des entreprises : - les entreprises contrôlées par l’Etat dans lesquelles le directeur est maintenu et les employés reçoivent 30% des bénéfices. Après 1938 le nombre de celles-ci augmente. Elles sont pour la plupart nationalisées. - les entreprises saisies (incautadas) qui deviennent la propriété pure et simple des ouvriers. Celles-ci seront regroupées en Fédérations d’industrie. En Catalogne, on peut dire que l’ensemble de l’industrie passe en bloc aux mains des travailleurs. Dans l’agriculture le mouvement de saisie s’étend à toutes les grandes propriétés. Là où la petite propriété existait et notamment en Catalogne elle est maintenue, les partisans des collectivités espérant, par l’exemple, amener les petits propriétaires à intégrer la collectivité. Dans l’agriculture si l’on tient compte de la progression des troupes franquistes, plus du quart de la superficie du territoire espagnol a été saisi. On compte ainsi en 1936-1937, 1500 collectivités agraires dans la zone républicaine dont 450 en Aragon (300 000 personnes), 400 en Catalogne, 250 en Andalousie, sachant qu’on comptait, dans chacune d’elles, 960 membres environ. Pour rendre plus efficaces le travail dans les collectivités agricoles furent créées 5 Fédérations régionales qui devaient faciliter les échanges, développer les œuvres sociales, culturelles et éducatives mais aussi pourvoir à l’effort de guerre.
L’organisation
des collectivités
Dès le début, lorsque l’usine, la terre, les lieux de travail sont saisis comités sont mis en place. Ils portent des noms différents : comités de syndicat, révolutionnaires, de contrôle ou antifascistes, de milices, etc. Tous ces termes désignent, en juillet 1936, des structures analogues et indiquent que tout le pouvoir dans les lieux de travail est confié aux représentants élus (et révocables à tout instant) par l’assemblée générale des travailleurs de la collectivité. Périodiquement les comités se réunissent et rendent compte de leur mandat à l’ensemble des travailleurs. Le comité est constitué, en général, d’un président, d’un vice-président, d’un comptable et d’un trésorier. Il est responsable de la bonne marche du lieu de production devant les ouvriers et leur(s) syndicat(s), la CNT, l’UGT ou les deux centrales réunies. Le plus souvent, au début, collectivité et communes ont à leur tête des structures tout à fait voisines. Parfois même elles se confondent surtout si la collectivité est importante. Ainsi à Granadella (Lérida) toutes les activités professionnelles sont réunies et les maçons, les peintres, les boulangers, le maître d’école intègrent la collectivité. La commune s’identifie à la collectivité. Au cours des mois la plupart des structures des collectivités se distinguent des municipalités de plus en plus dominées par les partis du Front populaire. En matière de rémunération, la plus grande diversité existe et va du salaire familial hiérarchisé et différencié selon les sexes, au salaire moyen payé aussi le dimanche. C’est en Aragon que la démocratie directe fut poussée le plus loin : tout le monde intégra les collectivités et l’argent disparut totalement. Pour certains anarchistes ce furent les prémices du communisme libertaire.
La fin des collectivités
Les circonstances ont pesé d’un poids très lourd sur la vie des collectivités. L’effort de guerre en matériel et en hommes les a souvent rendues exsangues. Cependant d’autres éléments ont contribué à leurs difficultés voire à leur disparition Aucun des partis du Front populaire n’envisageait en aucun cas de mener une révolution pendant la guerre et le cours des événements renforça cette position. Si les socialistes étaient nombreux dans les collectivités, l’UGT prônait la nationalisation des terres et la mise en place de coopératives agricoles. Les communistes du PCE et du PSUC, s’appuyant sur les classes moyennes, voulaient créer en Espagne une « république démocratique de type nouveau » préfigurant les démocraties populaires d’après-guerre. Dans l’industrie ils prônaient la nationalisation, la centralisation, et la militarisation. C’est pourquoi dès le début les communistes lancèrent une vaste campagne contre les collectivités en utilisant l’Institut de Reforme agraire qu’ils contrôlaient ainsi que les organes du pouvoir. On peut même parler de pression militaire puisqu’en Aragon, à partir de juin 1937, les collectivités agraires furent détruites manu militari par la division commandée par le commandant Lister membre du PCE. Les collectivités ont aussi été victimes de processus de destructions internes. Basées au départ sur le principe d’auto-organisation, elles se sont heurtées au recul politique de la CNT marqué entre autres par la dissolution, en Catalogne, du Comité central des Milices en septembre 1936. Déjà le décret de nationalisation du 24 octobre 1936, accepté par la CNT, avait eu pour but de contrôler les collectivités mais aussi de freiner leur diffusion. A partir de là une multitude de décrets gouvernementaux dictés sous l’influence grandissante du PCE (ou du PSUC) limita l’activité des collectivités. Enfin en mars 1938 l’accord UGT-CNT entérina l’acceptation de la nationalisation de la terre par la centrale anarcho-syndicaliste. Les dirigeants anarchistes en reconnaissant l’Etat et en participant à des postes de pouvoir remirent en cause leurs positions antérieures. Ceci fragilisa grandement les collectivités qui parfois se sentirent trahies. Aujourd’hui la mémoire des collectivités reste très clivée : vive, intouchable elle est devenue un des mythes fondateurs du mouvement anarchiste ; absente, occultée elle a été repoussée par d’autres dans l’oubli où siègent les utopies. |
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Xalther L. Bernecker « Colectividades y revolucion socal, El anarquismo en la guerra civil espanola, 1936-1939, édition 1978, 20 édition Critica, Barcelona, 1982. Le 19 juillet mouvement spontané de collectivisation dans l’agriculture dans l’industrie et les services. Là où la CNT était prédominante. Mise en place du communisme libertaire. L’agriculture est collectivisée dans de vastes régions de la zone républicaine. En Catalogne l’industrie passe en bloc aux mains des travailleurs. La CNT créée en 1910. La FAI en 1927, affiliée à l’AIT en 1922 UGT créée en1888 Pour le congrès de Zaragose de mai 1936 (schéma d’une fédération d’associations agraires et industrielles libres et autonomes édifiées sur la base des syndicats et des communes libres) inspiration de Bakounine, de G. Sorel (grève générale insurrectionnelle, de J. Guillaume (syndicalisme révolutionnaire et l’organisation sociale). Motivation de la CNT : Politico-sociale et non économique. Révolution préparée par la lutte syndicale quotidienne, l’action directe, l’éducation (athénées), les revues (Revista blanca). Nombreux textes, schémas d’organisation économique : Abad de Santillan (1932) J. Peiro (1925) P. Besnard (1931) I. Puente 1936-1937 : 1500 collectivités agraires dans la zone républicaine dont 450 en Aragon (300 000 personnes), 400 en Catalogne, 250 en Andalousie. Une collectivité moyenne compte 960 membres En 1938 : 2 213 collectivités dont 823 UGT, 284 CNT et 1106 mixtes Création de 5 Fédérations régionales de collectivités agricoles. But : s’organiser pour être plus efficaces économiquement et pour se défendre. Les Fédérations avaient pour but de propager la collectivisation, d’aider les paysans, d’éduquer, de développer les techniques agricoles et la culture en général. C’est ainsi qu’en 1938 toutes les collectivités du Levant ont leur école. Evolution de la CNT : Décret de nationalisation , octobre 1936, a pour but de contrôler les collectivités et de freiner leur diffusion. Fin septembre dissolution du Comité central des Milices montre le recul politique de la CNT. A partir de là une multitudes de décrets gouvernementaux dictés sous l’influence grandissate du PCE (ou du PSUC) limite l’activité des collectivités En mars 1938 accord UGT-CNT la CNT accepte la nationalisation de la terre. La reconnaissance de l’Etat et la participation à des postes de pouvoir eut pour conséquence pour les dirigents anarchistes une remise en cause de leurs positions antérieures. Typologie des collectivités industrielles (en Catalogne) : - Entreprises contrôlées : non autogérées. Le directeur est maintenu. Les employés reçoivent 30% des bénéfices. - Entreprises nationalisées. Leur nombre augmente après novembre 1938. - Entreprises municipalisées : services publics. - Reproupement d’entreprises collectivisées. Oppositions : L’UGT
prône la nationalisation des terres et la mise en place de
coopératives agricoles.
Classe moyenne de la paysannerie qui entre au PCE et dans le Levant intégre la Fédération campesina favorable aux coopératives. Des partis du Front populaire Le PCE : dans l’industrie prône la nationalisation, la centralisation , la militarisation. Dès le départ le PCE lance une vaste campagne contre les collectivités. Il utilise l’Institut de Reforme agraire qu’il contrôle ainsi que les organes du pouvoir et la pression militaire. Destruction des collectivités agraires manu militari à partir de juin 1937. En Aragon les collectivités sont détruites par les troupes commandées par le général communiste Lister. |
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800 boulangeries
collectivisées
Conditions de création : - 8 à 10 jours après le soulèvement militaire. La CNT est à l'ssaire d'avoir de l'argent pour acquérir la farine nécessaire à la fabrication du pain de Barcelone. Le syndicat de l'Alimentation prête 5 000 pesetas pour démarrer. Au départ 800 boulangeries éparpillées dans le quartier de Sanz sont saisies. Les fours sont vides, abandonnés, sans bois ni farine. Au bout de trois à quatre mois tous les fours de Barcelone sont collectivisés. La collectivité compte 5 à 6 000 employés boulangers mais aussi des maçons, des fumistes, des électriciens et des médecins. Fonctionnement : - La collectivité possède une usine équipée de 5 fours électriques à Sarria. Elle alimente la région de Grauz. Dans chaque boulangerie il y a un délégué. Dans le Local Social on trouve une commission de releveurs des fonds (essentiellement des femmes), une commission d?approvisionnement, une commission d?approvisionnement en farine, un comptable. - Tout le monde touche le même salaire. La collectivité établit des cartes de rationnement et une monnaie qui n?a cours que dans l?industrie de la boulangerie. Les veuves ou mères d?enfants au front reçoivent une aide hebdomadaire. Les ouvriers contraints de ne travailler que trois jours, faute de farine, perçoivent néanmoins six jour de salaire soit 60 à 70 pesetas. Les ouvriers touchent une double ration de pain soit deux kilos. Réalisations : Au début la collectivité a en caisse 14 millions de pesetas. Une partie est donnée à la Défense passive de Barcelone, une autre aux orphelins. La collectivité parraine la 24 ° division qu'elle habille et chausse. Elle prêta près d'un million de pesetas à la collectivité des tramways. - Création d'un dispensaire dirigé par un médecin. Tous les soins sont gratuits. Le texte est tiré du témoignage de Godet Vincent (non daté) |
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COLLECTIVITE AGRICOLE
CALANDA (Aragon)
Collectivisation de l'agriculture et des services de cette petite ville (4 500habitants), en Septembre 1936. Conditions de la création : - Assemblée générale proposée par des militants de la CNT. Décisions : - Constitution de groupes de travail de 10 hommes qui travailleront sur des zones (1 responsable par groupe). - Les terres des quelques grands propriétaires sont collectivisées. - Les petits propriétaires terriens peuvent conserver leurs terres. Fonctionnement : - Mise en commun des machines, des animaux et des outils. - Echange des productions : huile, pommes de terre, blé par l?intermédiaire de la fédération cantonale. - L'argent est aboli, le fonctionnement se gère avec des bons et une carte familiale qui donne droit à tous les produits possédés par l'intendance de la collectivité. - Les articles importés plus difficiles à posséder sont rationnés. Production : - Malgré l'absence de 500 collectivistes partis au front , la production est maintenue puis renforcée avec un dur travail pour assurer le ravitaillement du front et la vie de la collectivité. - Le niveau de vie a été élevé, la petite ville n'a pas connu la faim des mois d'avril, mai et juin avant les récoltes. Réalisations : -Médecine et médicaments gratuits pour tous. - Les artisans et petits commerçants dans leur grande majorité intégrèrent la collectivité.(bon fonctionnement de la boucherie). - Le salon de coiffure communal améliora l'hygiène, les hommes notamment purent se raser 2 fois par semaine. - Un cinéma gratuit. - La fierté de la collectivité : le Groupe scolaire (Francisco Ferrer Guardia) est passé de 6 maîtres (3 instituteurs, 3 institutrices) à 18 avec 1200 élèves accueillis. Méthodes pédagogiques modernes, actives basées sur la mise en activité de l'élève et la possibilité de poursuivre les études à Caspe ou Barcelone. Obstacles : - L'organisation des échanges par l'intermédiaire de la Fédération cantonale pour assurer le bon fonctionnement des autres collectivités. - Les relations avec les quelques propriétaires qui veulent garder leurs terres. Celsest bien passé, ils n'étaient qu'une centaine par rapport aux 3500 membres de la collectivité. Ils bénéficiaient des avantages de l'organisation générale. - Les oppositions entre le Parti communiste et les révolutionnaires. Certaines colonnes dirigées par les communistes tentent de détruire les collectivités. Parmi elles, la colonne Lister s'attaque à Calanda. La collectivité est reconstituée après le passage des soldats. Bibliographie : - La collectivité de Calanda (Miguel Celma éditions ) - Entre los campesinos de Aragon (Agustin Souchy Bauer) - Tusquets Editor (Barcelone). - Ils ont osé ! (Cédric Dupont) Editions du Monde libertaire. |
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Industrie
Cinématographique
Création : L'Assemblée générale des travailleurs de la branche cinématographique, du 6 Août 1936 à Barcelone, approuva le « Projet de Structuration » de la profession. Ce document composé de 35 articles prévoyait entre autres l'exploitation collective des 114 salles de cinéma de Barcelone et sa périphérie. Réalisations : Réouverture rapide des salles de cinéma le 9 Août 1936. Les conditions de vie des travailleurs furent améliorées par ce Projet : - Alignement des salaires, revenu hebdomadaire maximum fixé à 175 pesetas, afin de restreindre les inégalités de traitement. - Instauration de l'Assurance maladie et invalidité. Production cinématographique : Une part des bénéfices réalisés dans l'exploitation des salles sert désormais à financer la réalisation et la production de films. Deux studios de tournage remis en marche ( Trilla et Orphea). Deux nouvelles salles modernes furent ouvertes, place Urquinaona et rue Vergara. Pour créer des films, deux marques furent créées, S.I.E Films ( Syndicat de l'industrie du spectacle de films) à Barcelone et la F.R.I.C.E.P (Fédération régionale de l?industrie du cinéma et des spectacles de films) à Madrid. Les réalisations se firent dans deux grandes directions, les documentaires et les films de fiction. Documentaires : montrant la force des réalisations en cours. Exemple : - Los aguiluchos de la FAI por tierra de Aragon du suisse Adrien Porchet. - Estampas guerreras de Armand Guerra. Fictions : - Aide apporté à Armand Guerra pour terminer un des plus beaux films de l'époque : Carne de fieras. Réalisation de 4 films : - Aurora de esperanza : le moins réussi, un peu sec . - Nosotros somos asi ! : film joyeux et document sur la manière dont les cénétistes ont réagi au coup d'étAt fasciste. Images des combats dans Barcelone. - Nuestro culpable : histoire d'un bandit d'honneur. - Barrios bajos : réalisme à la Carné, un docker veille sur sa jolie filleule et l'éloigne des attentions d?un maquereau. Bibliographie : Journal Libération (Témoignages du mouvement libertaire - semaine du 6 août au 10 août 2001). Article d?Edouard Waintrop. -Ils ont osé ! de Cédric Dupond (Editions du Monde Libertaire). |
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Collectivisation des salons de
coiffure à Valence.
Conditions de création : - Grève de la profession, le 15 juillet, 4 jours avant le soulèvement militaire. Il y avait alors 70 % d?'lit et en novembre l'ensemble des entreprises est incorporé dans la collectivité. Elle compte 1250 coiffeurs (hommes et femmes) et comprend des techniciens, des comptables, des chimistes, des parfumeurs, etc. Fonctionnement : -La fédération des collectivités de coiffeurs a un Comité qui siège à Valence. Le Comité est constitué des délégués des 3 fédérations les plus importantes, Madrid, Barcelone, Valence. Ce comité n'était pas permanent et se réunissait tous les mois. On concentre les petits salons de coiffure pour en faire un grand appelé concentracion. Ce système permet de réduire de 90 % le nombre des salons. Mise en place d'un caissier (toujours un retraité) et d'un employé à la maintenance du matériel. Un délégué, élu par le personnel de l'établissement est responsable de chaque concentracion. Il est membre du comité de contrôle. Toutes les décisions sont prises en assemblées générales de la collectivité. Tous les postes sont révocables et limités dans le temps. Les syndicats n'ont aucune prérogative particulière. Actifs ou retraités perçoivent le même salaire Réalisations : -Les salons de coiffures d'hommes et de femmes fonctionnent de la même façon. Dès le début la collectivité rémunère les familles des ouvriers-coiffeurs partis au front. L'horaire de travail avant le conflit était de 48 h. A la déclaration de guerre, comme beaucoup de jeunes coiffeurs partent au front il y a pénurie de personnel. Une assemblée générale convoquée par le Comité de contrôle décide d'augmenter l'horaire à 56 h par semaine. Les retraités sont réintégrés dans la profession. -Tous les membres de la collectivité ainsi que leur famille et les familles des jeunes partis au front sont couvert par une assurance sociale. Le texte est tiré du témoignage de Roque Santamaria, juin 1969. |
Collectivisation de l'industrie
de la pêche
Conditions de sa
création :
- La collectivité est créée le 23 juillet 1936. Elle dure jusqu'à la prise de la Catalogne par les troupes franquistes. Elle est composée d'une majorité d'ouvriers-pêcheurs qui participent là à la principale activité économique de la ville. De celle-ci dépendait de multiples entreprises annexes, construction, ateliers de réparation et de maintenance, coopérative d'alimentation, etc. La création de la collectivité est le résultat du contexte puisque tout le matériel, bateaux et ateliers, était laissé à l(abandon par leurs propriétaires. La CNT, seul syndicat représenté, proposa une nouvelle organisation économique et sociale à l'ensemble des pécheurs et ce fut accepté en assemblée générale. Fonctionnement : - Horaires de travail fixés, avec l'accord des délégués syndicaux, en fonction des capacités de chacun. Après chaque sortie en mer, la production est vendue et le Conseil économique de la collectivité répartit tous les équipages de façon équitable le produit de la vente. Antérieurement le patron-pêcheur gardait 75 % du produit de la pêche laissant 25 % à l'équipage. Activités : - Participe avec la base navale de Rosas à la récupération des mines sous-marines, dans le secteur du cap Creus et des îles Mevas, pour permettre à la marine marchande de naviguer sans danger. - Création 'une bibliothèque gérée par les Jeunesses libertaires et d'une école professionnelle des métiers de la pêche. - Relations avec les autres collectivités maritimes de la région catalane ainsi qu'avec le comité national de branche. Distribution de poisson aux milices engagées dans la guerre et aux hôpitaux de Barcelone Obstacles : - Avec les anciens propriétaires. Une commission d'arbitrage décida que, la guerre finie, chacun déciderait de rester ou non dans la collectivité. Pour ceux qui voudraient partir navire et matériel seraient rendus. - Les difficultés commencèrent à la suite des événements de mai 1937 puisque les meilleurs bateaux furent réquisitionnés par les autorités locales. Le texte sur la collectivité de Rosas est tiré du témoignage de Juan Burgés et Ramon Forns, 27 janvier 1969 |